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Lumeçon DUCASSE DE MONS - DOUDOU - COMBAT DIT LUMECON |
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Si chacun connaît le Lumeçon de Mons, les explications données par les érudits sur l'origine de ce mot sont moins familières au public.
Ainsi que le rappelle Élisée Legros dans un article publié dans la revue La Vie Wallonne en 1952, c'est son maître Jean Haust qui a fait la lumière sur l'acception première du mot dans une «note étymologique» parue dans cette même revue en 1929. On peut y lire que les salves tirées par les pompiers lors du combat rituel livré le dimanche de la Trinité sur la Grand-place de Mons «sont le dernier vestige de ce qui s'est appelé proprement «faire le limaçon», espèce de manoeuvre militaire en caracole qu'on exécutait autrefois devant un grand personnage». Dans cette note, le savant professeur liégeois rejette d'abord l'étymologie de Sigart dans son Dictionnaire du wallon de Mons (1866), prétendant que ce mot viendrait de ce qu'autrefois les «chambourlettes» (petites filles vêtues en paysannes) «faisaient le lumeçon», c'est-à-dire tournaient continuellement autour des combattants. Il reproduit ensuite une notice extraite du Glossaire Wallon de Philibert Delmotte (écrit en 1812 et publié à Mons en 1907), dont nous nous permettons de reprendre l'essentiel : « Ie Lumeçon de Mons n'est qu'une tradition de pareils combats qui se donnoient ordinairement dans beaucoup d'autres villes, le jour de leur fête, où le champion étoit saint Georges terrassant un dragon d'osier, qui figuroit le diable [ ... ]. Quant au nom de Limaçon, il appartient proprement à la parade que font les serments ou cannoniers bourgeois qui, pendant le combat, ne discontinuent pas de faire, en tirant, le tour de la place, défilant à chaque tour vis-àvis des magistrats, pour leur rendre honneur. Semblable hommage, et sous le même nom, se rendoit autrefois aux grands personnages.» Dans l'Histoire de Tournai de Hoverlant, ajoutait Delmotte, on peut lire que quand le roi Jean fit son entrée dans cette ville en 1356, les compagnies bourgeoises allèrent au devant de ce monarque jusqu'à Marquain. Le lendemain, elles firent le limaçon sur la grand'place, devant le roi qui se trouvait à la Bourse avec toute sa cour. En 1423, la duchesse de Bourgogne, fille du roi, passant par Tournai, reçut les mêmes honneurs. Le lendemain de son arrivée, les compagnies bourgeoises firent le limaçon sur le marché. Jean Haust cite également Godefroy, Dictionnaire de l'ancienne langue française, t. IV qui, à l'article limaçon, donne à ce mot le sens de «sorte de manoeuvre militaire», en l'illustrant de trois exemples tirés d'auteurs anciens, dont le chroniqueur Molinet. «Il résulte de ces témoignages», écrit Jean Haust, « que lumeçon est une forme dialectale du français limaçon, pris dans le sens figuré que possède le synonyme français caracole (lequel est emprunté de l'espagnol. ca racol «limaçon »), à savoir «mouvement circulaire», puis «évolution plus ou moins capricieuse». L'expression « faire le limaçon » venait sans doute de France, car dans toute la Wallonie, lumeçon désigne la limace (d'où lum'ciner, aller lentement, comme une limace), tandis que le français limaçon se traduit par caracole, caricole. On a vu que la parade appelée limaçon se pratiquait ailleurs qu'à Mons, notamment à Tournai, mais c'est à Mons seulement que le mot a survecu, grâce au spectacle traditionnel de la ducasse Le sens de «bagarre», «rixe», que les Montois attribuent aussi à lumeçon est manifestement secondaire. Outre une bibliographie critique des recherches faites sur le combat du lumeçon et ses héros, l'article d'Élisée Legros cité plus haut apporte à la démonstration de Jean Haust quelques témoignages supplémentaires, ainsi qu'un parallèle à l'expression montoise - sous la forme picarde en eh parallèle sur lequel nous reviendrons plus loin. « On remarquera, écrit en conclusion É. Legros, qu'il ne s'agit donc point, à l'origine, du combat contre le dragon, mais des évolutions et des «tirailleries» des anciennes compagnies bourgeoises, remplacées aujourd'hui par les pompiers (après la garde-civique d'hier). Toutefois, dès avant 1786, du «limaçon» militaire, le mot était passé à la parade de saint Georges elle même, ou - comme on disait alors -de Gilles de Chin .» C'est à cette date en effet que Paul Heupgen a relevé la première mention du terme lumeçon dans une décision du Magistrat de Mons décidant « d'abolir pour toujours le divertissement qu'on donnoit au peuple par le représentation du dragon, des diables, des hommes sauvages, de Gilles de Chin, des chin-chins, et leur combat vis-à-vis de l'hôtel en présence du Magistrat, ainsi que les tirailleries des trois serments tant avant, durant et après la procession, que celles pendant la durée du combat connu sous le nom de lumeçon .»
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